Rien ne semble pouvoir enrayer la marche triomphale de l’Argentine. Menée à cinq minutes du terme du temps réglementaire, l’Albiceleste est parvenue à renverser l’Angleterre (2-1), mercredi à Atlanta, en demi-finale de la Coupe du monde. Une nouvelle démonstration de résilience pour les hommes de Lionel Scaloni, déjà auteurs de plusieurs remontées spectaculaires au cours de cette édition. Après avoir effacé un retard de deux buts face à l’Égypte en huitièmes de finale (3-2), ils s’étaient également imposés face au Cap-Vert (3-2) puis à la Suisse (2-1 après prolongation), confirmant ainsi leur remarquable force de caractère.
Tous les ingrédients semblaient pourtant réunis pour faire vaciller les champions du monde en titre. Solides face à l’intensité physique imposée par les Anglais durant la première période, les Argentins ont néanmoins cédé peu après la reprise, Anthony Gordon ouvrant le score à la 55e minute à la conclusion d’un mouvement parfaitement orchestré par Morgan Rogers.
Dos au mur, les Sud-Américains ont accentué la pression sur une défense anglaise repliée. Malgré les interventions décisives de Jordan Pickford, auteur notamment d’un arrêt déterminant sur une tête de Nico Gonzalez (70e), puis le poteau trouvé par Alexis Mac Allister (76e), ils n’ont jamais renoncé. Leur persévérance a finalement été récompensée lorsque Enzo Fernandez, idéalement servi par Lionel Messi à l’entrée de la surface, a expédié une frappe imparable dans les filets pour égaliser (85e). Dans le temps additionnel, Lautaro Martínez, entré en jeu quelques instants plus tôt, a offert la victoire aux siens en reprenant victorieusement de la tête un superbe centre de Messi (90e+2).
Grâce à ce succès, l’Argentine disputera une deuxième finale de Coupe du monde consécutive et une troisième lors des quatre dernières éditions, après celles de 2014 et 2022.
L’Espagne, ultime obstacle vers un quatrième sacre
Dimanche, à New York, l’Albiceleste tentera de conserver son titre mondial et de décrocher une quatrième étoile après les triomphes de 1978, 1986 et 2022. Face à elle, se dressera l’Espagne, qui disputera la deuxième finale de Coupe du monde de son histoire avec l’ambition de conquérir un deuxième titre planétaire.
Auteur d’un tournoi exceptionnel, meilleur buteur (8 réalisations), deuxième meilleur passeur (4 caviars), déjà détenteur des records de buts (21) et de passes décisives (12) dans l’histoire de la Coupe du monde, Lionel Messi pourrait enrichir un peu plus son immense palmarès en soulevant un nouveau trophée mondial. Ce qui renforcerait également sa candidature à un neuvième Ballon d’Or, un exploit inédit.
L’Espagne, un collectif capable de rivaliser avec l’Albiceleste
Toutefois, l’Argentine devra composer avec une sélection espagnole dont la solidité collective impressionne depuis le début du tournoi. La Roja possède la meilleure défense de cette Coupe du monde, avec un seul but encaissé en sept rencontres, et vient d’éliminer avec autorité la France (2-0).
Sans dépendre d’une individualité dominante, les hommes de Luis de la Fuente se distinguent par leur rigueur tactique, leur maîtrise technique et leur remarquable cohésion. Après une phase de groupes globalement maîtrisée, ponctuée notamment par un match nul face au surprenant Cap-Vert (0-0), ils ont successivement éliminé l’Autriche (3-0), le Portugal (1-0), la Belgique (2-1) puis la France (2-0), sans jamais donner l’impression de perdre le contrôle de leurs rencontres.
Un avantage physique en faveur de la Roja?
L’Espagne pourrait également bénéficier d’un avantage non négligeable sur le plan physique. Tous ses matchs à élimination directe se sont conclus dans le temps réglementaire, tandis que l’Argentine a dû disputer deux prolongations éprouvantes. Les Espagnols disposent en outre d’une journée supplémentaire de récupération avant la finale.
Enfin, la Roja pourra compter sur le talent du joyau Lamine Yamal, dont le potentiel reste immense mais dont les prestations sont encore en deçà des attentes depuis le début du Mondial.
La finale de dimanche s’annonce ainsi comme l’affiche idéale entre deux des meilleures sélections du tournoi. Elle pourrait consacrer le maintien de la suprématie argentine, ou l’avènement d’une nouvelle génération espagnole, dans un duel symbolique entre Lionel Messi (39 ans) et Lamine Yamal (19 ans).
Rendez-vous dimanche à New York pour connaître le nouveau pays champion du monde.