Le CPJ appelle le premier ministre Fils-Aimé  à abroger le décret sur la liberté d’expression et la diffamation 

Dans une correspondance adressée le 2 mars 2026 au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) réclame l’abrogation du décret sur la liberté d’expression et la diffamation, promulgué le 18 décembre 2025 par le Conseil présidentiel de transition.

Le Comité pour la protection des journalistes considère cette action comme une menace à la liberté de la presse et la sécurité des journalistes dans le pays.

« Ce décret élargit la portée pénale de la diffamation, rendant ainsi plus risqué pour les journalistes de couvrir la corruption publique. Le Conseil de transition, désormais dissous, a publié ce décret sans consultation publique préalable, faisant preuve d’un mépris flagrant pour le processus politique et la responsabilité. De manière préoccupante, ce décret sur la liberté d’expression supprime également la possibilité de questionner ou de demander des comptes aux institutions publiques du pays sans craindre la prison ou des amendes exorbitantes » souligne le CPJ dans sa lettre.

Cette organisation indépendante de défense de la liberté de la presse croit que l’abrogation immédiate de ce décret problématique contribuerait grandement à restaurer la confiance du peuple haïtien envers son gouvernement avant les élections cruciales de cette année.

Le Comité pour la protection des journalistes rappelle que depuis deux ans, les journalistes haïtiens travaillent dans des conditions extrêmement difficiles en raison de l’insécurité persistante dans le pays. “Selon les dernières données et les rapports du CPJ couvrant l’année 2025, Haïti est malheureusement considérée comme l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes, et l’impunité y est quasi totale pour ceux qui les assassinent” relate le CPJ.

Des associations de journalistes et de médias dont l’AJH et l’ANMH ainsi que des organisations de défense des droits humains   ont également exigé l’abrogation de  ce décret censé encadrer la liberté d’expression ainsi que celui sur la réorganisation de la Haute Cour de justice. 

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