Le score étriqué de 1-0, acquis au terme de la prolongation, ne reflète en rien la physionomie de la rencontre. La supériorité espagnole a été manifeste du début à la fin. Les hommes de Luis de la Fuente ont littéralement étouffé les Argentins, incapables de réagir durant près de 120 minutes. Les statistiques témoignent de cette domination sans partage: 20 tirs, dont 11 cadrés, contre seulement 2 tentatives argentines, aucune n’ayant trouvé le cadre.
L’expulsion d’Enzo Fernández, sanctionné d’un second avertissement dans les arrêts de jeu du temps réglementaire (90e+3), a définitivement scellé le sort d’une sélection bien éloignée du niveau attendu d’un champion du monde en titre, pourtant réputée pour posséder l’une des attaques les plus redoutables du tournoi.
Le but inscrit par Ferran Torres à la 106e minute a offert à l’Espagne son deuxième sacre mondial, seize ans après celui de 2010. Une nouvelle fois, c’est au cours de la prolongation que la Roja a fait la différence, rappelant le but historique d’Andrés Iniesta face aux Pays-Bas, venu sublimer le jeu collectif exceptionnel de cette génération dorée. Bis repetita, seize ans plus tard.
Au sein du naufrage collectif argentin, un seul joueur a véritablement tiré son épingle du jeu: Emiliano Martínez. Le gardien de l’Albiceleste a réalisé 11 arrêts, soit le plus grand nombre enregistré lors d’une finale de Coupe du monde depuis 1966.
En plus d’avoir proposé le football le plus abouti de la compétition, l’Espagne termine le tournoi avec la meilleure défense: un seul but concédé en huit rencontres, un record pour une équipe sacrée championne du monde. Dans le même temps, la sélection espagnole a porté sa série d’invincibilité à 38 matches, établissant ainsi le plus long parcours sans défaite jamais réalisé par une sélection européenne ou sud-américaine.
L’Espagne également à l’honneur dans les récompenses individuelles
Alors que Lionel Messi, auteur de huit buts et quatre passes décisives en huit rencontres, faisait figure de favori, c’est le capitaine espagnol Rodrigo Hernandez, dit Rodri, qui a été désigné meilleur joueur du tournoi. Si ses statistiques offensives sont moins impressionnantes que celles de la Pulga, son influence dans l’entrejeu espagnol a été déterminante. Véritable métronome de son équipe, il s’affirme comme un sérieux prétendant à un nouveau Ballon d’Or, après son sacre en 2024.
Buteur décisif en finale, Ferran Torres a logiquement été élu meilleur joueur de la rencontre. Son coéquipier Unai Simon a reçu le trophée de meilleur gardien, tandis que Pau Cubarsi, âgé de 19 ans, a été désigné meilleur jeune joueur du tournoi.
Malgré la défaite de la France face à l’Angleterre (6-4) lors du match pour la troisième place, Kylian Mbappé, auteur d’un doublé, décroche le Soulier d’Or grâce à ses dix réalisations. Avec un total de 22 buts en Coupe du monde, il devient également le meilleur buteur de l’histoire de la compétition.
L’Angleterre, emmenée par Harry Kane et Jude Bellingham, se console avec la médaille de bronze, récompensant sa troisième place.
Le rendez-vous est désormais fixé à 2030 pour une édition historique de la Coupe du monde. Organisée conjointement par l’Espagne, le Maroc et l’Uruguay, elle se déroulera sur trois continents, l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud, afin de célébrer le centenaire de la plus prestigieuse des compétitions du football mondial.