Haïti: Un pas franchi dans la lutte contre la corruption

Des structures de la société civile et plusieurs institutions étatiques autonomes s’engagent pour renforcer la bonne gouvernance et la transparence en Haïti. 

Sous l’égide du collectif Ensemble contre la corruption, une Feuille de route consensuelle autour de la lutte contre la corruption a été présentée le mercredi 17 décembre 2025, lors d’une cérémonie organisée dans un hôtel à Pétion-Ville.

Une plateforme multi-acteurs a été érigée pour l’élaboration de ce document cadre, marquant une grande première en Haïti dans la lutte contre la corruption. 

Pendant six mois intensifs de travail, les acteurs se sont entendus  pour promouvoir la bonne gouvernance et la gouvernance démocratique, à travers cinq piliers que sont la redevabilité, la transparence, l’efficacité des dépenses publiques, la participation citoyenne, ainsi que l’éthique et la justice.

« Cette feuille de route s’impose comme une nécessité. Elle constitue un outil de rupture avec le silence et la tolérance tacite de pratiques qui sapent notre identité collective. Elle propose une vision commune : celle d’un État responsable, transparent et redevable envers sa population », a déclaré Rosy Auguste Ducéna, présidente d’Ensemble contre la corruption.

Narayana Lamy, qui faisait office de président du comité de suivi de la plateforme multi-acteurs et cadre au ministère de l’Économie et des Finances  y voit «l’aboutissement d’un processus collectif rigoureux, fondé sur la conviction que la lutte contre la corruption est indispensable à l’instauration d’une gouvernance saine».

«Il s’agit d’une étape décisive dans la lutte contre la corruption, mais aussi d’un document stratégique et opérationnel répondant aux exigences internationales d’une gouvernance plus juste et plus transparente », a déclaré Goethie Varnelle Morency, directrice générale de l’Inspection générale des finances.

Le Président de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, Rogavil Boisguéné, représenté à la cérémonie, a promis une considération spéciale aux propositions formulées par la feuille de route, qui vont de pair avec les principes fondateurs de la CSCCA, consacrée par la Constitution de 1987 comme organe clé de contrôle des finances publiques et de la redevabilité de l’État.

« Ce document doit devenir un véritable instrument d’action », a suggéré  M. Boisguéné, exhortant l’État à agir pour son application concrète.

Le secrétaire exécutif Édouard Paultre  a appelé  le Conseil présidentiel de transition Laurent Saint-Cyr,  à  prendre dans les meilleurs délais, un arrêté présidentiel rendant effective l’application du document, notamment par la mise en place d’un comité permanent chargé de sa mise en œuvre.

Le coordonnateur du CPT qui a brillé par son absence lors de la cérémonie recevra sous peu un exemplaire de la feuille de route consensuelle autour de la lutte contre la corruption, a promis Edouard Paultre.

Pour la réalisation de ce travail, Ensemble contre la corruption a bénéficié du soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), et du partenariat d’institutions étatiques et organisations de la société civile, notamment l’ULCC, l’UCREF, l’IGF, la CNMP, le MEF, le CSPJ, le MJSP, la CONALD, le Parquet de Port-au-Prince, l’OPC, la CSCCA, ainsi que des organisations de défense des droits humains et des mouvements citoyens.