Dernier hommage au Président Jovenel Moïse

Les funérailles du président Jovenel Moïse ont été chantées ce vendredi 23 juillet 2021 à Madeline, une localité du Cap-Haïtien. La cérémonie s’est déroulée en présence notamment des membres de la famille, des dignitaires du gouvernement et des sympathisants. La délégation américaine conduite par Linda Thomas Greenfield, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, a quitté précipitamment les lieux.

Après s’être recueillie sur le cercueil de Jovenel Moïse, qui était recouvert du drapeau national et de l’écharpe présidentielle, Martine Moïse, blessée dans l’attaque ayant coûté la vie au président a rendu un hommage poignant à son époux. Elle a pris le temps de retracer le parcours d’entrepreneur teinté de succès de Jovenel Moïse avant d’intégrer le monde politique.

Martine Moise a exprimé son amertume et dénoncé un assassinat sauvage. Pour la désormais ex-première dame, Jovenel Moïse a été trahi. ”On a comploté contre toi. Tu as été abandonné et trahi. Les assassins sont là, à nous regarder, à nous écouter. Nous allons les regarder droit dans les yeux et leur dire : C’est assez! a déclaré avec force Martine Moïse avant de s’interroger « Quel crime as-tu commis pour mériter un tel châtiment ? ».

Martine Moïse a repris certaines expressions du président Jovenel Moïse, soulignant que son mari ”connaissait bien les vices de ce système pourri et injuste » mis en place par les oligarques corrompus.

Elle en a profité pour saluer le courage du natif de Trou du Nord qui a-t-elle assuré, a osé défier ce système auquel peu avant lui ont voulu s’attaquer.

”Il s’est retrouvé du jour au lendemain avec tout le système en bloc, en face de lui », a ajouté Martine Moïse qui a réclamé justice mais sans esprit de violence, rappelant que  son époux n’avait jamais voulu répondre à la violence par la violence.

L’un des fils du Président Jovenel Moïse, Joverlein Moïse, a présenté son papa comme un bienfaiteur. ”C’était quelqu’un plein d’amour mais entouré de méchants, quelqu’un d’honnête qui vivait au milieu de traîtres. C’était un héros” a-t-il ajouté, martelant que la mort du président ouvre les yeux du peuple haïtien.

La police a dû déployer de grands moyens sur le plan sécuritaire pour la tenue des funérailles et surtout pour contenir certains militants qui n’ont toujours pas compris pourquoi les policiers chargés de la sécurité du président dont des membres des unités d’élite de la PNH se sont croisés les bras dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 et laisser un commando armé le cribler de balles.

La fiére cité christophienne était sous tension. En marge des obsèques, des scènes de pillage ont été enregistrées dans plusieurs centres commerciaux notamment le magasin de Valerio Canez, qui a été également incendié.

La veille, le directeur général de la PNH Léon Charles a été pris pour cible par un groupe de manifestants, qui lui reprochaient son laxisme dans la protection du premier citoyen de la nation. Plusieurs véhicules ont été incendiés et des artères bloquées.

L’assassinat de Jovenel Moïse, président en exercice met en colère la communauté du Grand Nord. Des journalistes venus de la capitale étaient en grande difficulté pour exercer leur travail.

Ce meurtre crapuleux déterre une vieille polémique de l’histoire politique haïtienne. Des protestataires rappellaient pendant les funérailles, que tous les chefs d’état tués sur le pouvoir sont tous originaires du Grand Nord, accusant les habitants du Sud et de l’Ouest.

Une vingtaine de personnes sont sous les verrous dont des mercenaires colombiens et trois haitiano- américains.

 

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