Adieu Maître Gérard Gourgue: Le départ du titan des droits de l’homme

Adieu Maître Gérard Gourgue: Le départ du titan des droits de l’homme

Adieu Maître Gérard Gourgue

LE 5 DÉCEMBRE 2020

DR BARTHELEMY GUIBERT depuis le Fort Marfranc/Haïti

Maitre Gérard Gourgue : Le titan des droits de l’homme !

La vie est un don sacré de l’Éternel de qui émane sagesse, sciences, connaissances et philosophie à travers les siècles et des siècles. L’Éternel créa l’homme à son image, alors en physique nous savons qu’il n’existe pas d’image sans objet réel, alors le réel dont l’homme est l’image est Dieu. Ce Dieu magnanime créa l’homme avec des droits naturels et inaliénables dont les plus sacrés sont le droit à la parole, le droit à la liberté d’expression, le droit de penser, le droit à l’exercice de notre libre arbitre. La parole est si puissante que la Sainte écriture nous enseigne dans l’Évangile selon l’apôtre Jean au chapitre premier : « 1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. 2 Elle était au commencement avec Dieu. 3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. 4 En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. 5 La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. »

Dans notre petite nation issue de la barbarie de l’esclavage imposé par les européens aux africains qu’ils considéraient et considèrent encore comme inférieurs, malgré les preuves archéologiques opposées à leur utopie épidermique, certains petits nègres haïtiens ont osé et osent encore nous enlever le droit à la parole. Ces semblants d’haïtiens ont en maintes occasions rabaissé le nègre d’Haïti en le privant de sa liberté et de son droit d’expression. Malgré les prouesses réalisées par nos aïeux sur la Butte Charrier de Vertières pour porter le nègre au premier plan de l’humanité civilisatrice comme l’ont fait les génies de la civilisation égyptienne, certains dirigeants non abrutis de la Première République Nègre ont tenté de manière répétitive et avec le plus grand dédain pour la négritude et l’histoire d’Haïti, de museler, de recroqueviller et de tordre les haïtiens au supplice des caprices de leur Pouvoir. L’appétit gargantuesque des politiques haïtiens pour le pouvoir est inspiré de divers instincts pour tenter d’empêcher les citoyens à regarder le soleil en face et les bourreaux dans les yeux, pour leur dire au nom de Boukman, de Toussaint Louverture, de Jean Jacques Dessalines, d’Henri Christophe, le citoyen haïtien est un homme vertical aussi droit que le palmier et dont seul le cercueil et le tombeau devraient faire plier l’échine.

Certains de nos dirigeants à champ visuel politique flou et restreint ont toujours cru qu’ils pouvaient devenir grands en s’abreuvant du sang de nos concitoyens des plus instruits aux plus humbles. Que de fois ce peuple qui se croyait être libéré de la tyrannie des blancs s’en est pris à la tyrannie du nègre haïtien contre les haïtiens. Le droit à une expression citoyenne libre, indépendante pour guider les masses, les paysans et les quartiers populaires a été maintes fois muselé par nos grands, nos petits et nos apprentis dictateurs. Intellectuels exilés, journalistes emprisonnés, étudiants massacrés, stations de radio brisées, politiciens emprisonnés et assassinés, ont été entre autres, les prix payés par plusieurs générations d’intellectuels haïtiens aux mains de nos dirigeants politiques féroces de notre jungle sociale que l’on tente vainement d’humaniser. A un certain moment, quelques chefs d’état haïtien ont été contaminés par la folie sanguinaire d’arroser la Capitale du sang de nos compatriotes instruits et rebelles défendant les droits du peuple à une meilleure condition de vie et à exercer leur droit inaliénable à la parole. D’aucuns n’ignorent la fureur et la terreur du Jean Claudisme des années 1970-1984 à vouloir pérenniser la dictature à force d’ouvrir le robinet impétueux du sang de nos compatriotes dans les Casernes Dessalines, à Fort Dimanche et aux Gonaives…

À l’acmé de cet appétit duvaliériste et devant le plus grand débit de ce flot de sang pour le maintien d’un pouvoir sanguinaire, comme la lance la plus verticale d’un palmier jalonnant au sommet de nos montagnes, une voie s’est élevée pour demander au Président Jean Claude Duvalier de fermer le robinet de sang qu’il a ouvert sur le pays. Cette voie ferme, résolue et inébranlable que j’ai écoutée sur les ondes de la Radio Haïti Inter au Micro du grand Jean L. Dominique était celle du Titan des droits de l’homme haïtien, en l’occurrence de Maître Gérard Gourgue.

Fondateur et dirigeant de la ligue haïtienne des droits de l’homme, Maître Gérard Gourgue n’a jamais ménagé son temps, ses mots et ses connaissances solides pour défendre le droit bafoué du peuple haïtien devant les baïonnettes des agents de la CIA des FAD’H et des Tontons Macoutes. Maître Gourgue a consacré sa vie à Former les fils de la Patrie pendant au moins cinquante ans, et comme il le disait dans le documentaire d’Arnold Antonin, des fils de la Patrie qui doivent être forts du point de vue moral, intellectuel et spirituel. Maître Gourgue a introduit en Haïti le concept des droits de l’homme et en a fait des adeptes qui encore sont très utiles à la nation. Maître Gourgue n’aura pas démérité de la Patrie, il a fait œuvre qui vaille. Malgré sa carrière de juriste, de Professeur avec un grand P, sa militance pour le droit de l’homme en Haïti, il n’aura pas été compris par une frange importante de la société haïtienne.

Les efforts de Maître Gourgue n’ont pas pu empêcher et n’empêcheront pas aux haïtiens de haïr et de barrer la route aux fils les plus instruits de la Patrie. Il n’a pas pu freiner le cannibalisme intellectuel et politique de nos anthropomorphes haïtiens. À l’instar du Professeur Leslie François Manigat ou d’un certain Dr. Rosalvo Bobo ou encore d’un certain Gérard Pierre Charles, Maître Gourgue a peut-être commis une erreur indépendante de sa volonté par le fait qu’il a pris naissance sous une étoile polaire dans une société de ténèbres et de petits esprits rancuniers et égoïstes.

Maître Gourgue fait partie des esprits qui ont vu le jour avec une année lumière d’avance sur l’ignorance et l’égocentrisme matériel et immédiat de nos misérables politiciens et de notre population abrutie par le rituel politique imposé à Haïti par les étrangers avec l’assortiment des konzé d’Amérique du Nord. Il est de ces hommes dont le rachitisme de la pensée politique haïtienne actuelle témoigne la grandeur trop élevée par rapport au bas fond de nos vicissitudes. Tout comme notre nation n’avait pas mérité d’un Leslie François Manigat ou d’un Dr. Rosalvo Bobo comme président, encore moins aurait-elle mérité d’un Maître Gourgue comme chef d’état. Ces sauvages politiques haïtiens qui galopent dans la forêt n’ont pas besoin d’une brebis galante pour leur rappeler les normes de civilisation et de modernité du monde contemporain. D’ailleurs, depuis quand la direction des affaires politiques de ce pays était prise en charge par les intellectuels de ce calibre. Nous avons un peuple de cochons habillés et nus qui adorent mieux s’engouffrer dans la boue politique que de se désinfecter dans l’eau et la lumière du développement et de l’émancipation sociale de sa race. Un peuple haïtien aimant des dirigeants ignorants et incultes se serait grandement trompé sur le choix d’un intellectuel aussi raffiné que Maître Gourgue comme leur chef. Les parcs ne sont jamais conçus pour les colombes et les brebis !

Mais, loin de la frénésie de l’ignorance politique traditionnelle qui caractérise Haïti, l’élan patriotique post Duvaliérien de 1987, sous la pulsion d’un noyau de patriotes, de certains leaders catholiques et des organisations populaires dignes de ce nom, la candidature à la Présidence de Maître Gourgue galvanisait le peuple à côté de Sylvio C. Claude et de Louis Dejoie II. La campagne électorale de Maître Gourgue annonçait l’espoir de tout un Pays pour finir avec les brutalités militaires du CNG et des attachés qui nous rappelaient encore que la peste nauséabonde de la dictature contaminait encore la maison du peuple. Il représentait un aimant de 12 millions de Tesla qui convergeait vers lui toutes les forces progressistes de l’époque. Candidat à la Présidence sous le FNC, Maître Gourgue incarnait l’espoir d’une nation troublée, persécutée et désespérée, qui se cherchait un meilleur avenir sous le leadership d’un patriote conséquent, compétent, instruit, éduqué, avisé et convaincu.

Cependant, tandis que la Candidature de Maître Gourgue mettait la population haïtienne en liesse, elle faisait aussi peur tant aux faucons de Washington qui ne rêvaient que de faire d’Haïti leur marchepied qu’aux bandits inféodés de l’armée d’Haïti et du macoutisme en déroute, nostalgique du pouvoir. En dépit des menaces et des intimidations des attachés de l’armée, le 27 novembre 1987, le peuple haïtien gagnait avec foi et enthousiasme les bureaux de vote, pour porter à la Magistrature suprême de l’État d’Haïti un patriote, un intellectuel, un homme de loi exceptionnel dont la conviction ne vacillait même pour une fois.

Mais…toujours et comme pour obéir à la règle nord-américaine qu’Haïti ne doit jamais avancer, qu’Haïti ne doit jamais se donner son propre Président, les agents de la CIA des FAD’H ( Forces Armées d’Haïti) ont massacré des innocents avec leur bulletin de vote en main à la Ruelle Vaillant, comme dans un désespoir de laisser un intellectuel raffiné, un grand avocat, un défenseur de droits humains accéder légitimement à la tête de l’état d’Haïti. Quelle ignominie ! En massacrant les citoyens électeurs ou votants, l’armée d’Haïti a empêché à un grand homme de diriger Haïti, mais en même temps elle a propulsé le pays dans un abîme, dans un gouffre affreux et elle a empêché au pays de changer le cours de son histoire politique vers un état de droit et un pays développé.

Pour justifier le massacre des votants haïtiens, les américains ont qualifié Gérard Gourgue de communiste, comme si être communiste ou socialiste n’était pas un droit dont pouvait jouir librement un intellectuel haïtien. Les Yankees ont enfoncé le pays dans l’abîme avec ce coup d’état électoral anticipé contre Maître Gourgue, qui en fait, était un coup de plus contre le pays, contre les droits des haïtiens et contre son intelligencia. Et depuis, avec la présidence ratée de Maître Gourgue, le pays a connu des séismes politiques successivement orchestrés depuis la faille de l’Ambassade américaine à Port-au-Prince pour ruiner définitivement la nation Haïtienne. Ce coup du 29 novembre 1987 démontre combien les américains haïssent Haïti, et laquelle haine ils allaient le démontrer de manière opiniâtre en le réitérant contre le Président Leslie François Manigat et contre le Président Jean Bertrand Aristide. Les américains jurent que la République d’Haïti doit être dirigée par des illettrés, des bandits et des renégats. Toujours est-il que les esprits haïtiens aussi bien construits et libres que celui de maître Gourgue effraient les yankees. La suite de ce coup des américains contre la nation haïtienne démontre que tant qu’Haïti reste dominée par les Yankees, Haïti ne sera rien dans le monde.

Aujourd’hui, à l’instar du Professeur Leslie François Manigat et du Dr. Rosalvo Bobo, le Titan Gérard Gourgue s’en va avec tous les bels rêves qu’il avait dans la tête pour une Haïti belle, démocratique, libre, respectueuse des droits des haïtiens et prospère pour ses fils. Maître Gourgue n’a rien perdu dans ce jeu de faucons du Nord et des renégats haïtiens, mais au contraire, il a porté sa vie en sacrifice sur l’autel de la Patrie en vue d’obtenir le changement pour les plus faibles. Maître Gourgue a laissé derrière lui une grande leçon de civisme et de patriotisme à la postérité, en démontrant aux haïtiens combien un membre de la bonne élite intellectuelle peut illuminer les petits esprits pour défendre leur droit à l’autodétermination comme peuple.

Aujourd’hui, Maître Gourgue part dans un contexte des plus inquiétants pour les droits de l’homme en Haïti. La terreur que Maître Gourgue a combattue en Haïti durant sa jeunesse revient avec force au crépuscule de sa vie. Les mêmes américains qui ont évincé Maître Gourgue du pouvoir règnent de nos jours en maîtres et seigneurs dans la cité. L’exemple de l’histoire politique de Maître Gourgue nous démontre que tant que les haïtiens ne pourront pas récupérer le pays des mains des konzé et de l’ambassade américaine, aucun changement réel ne pourra s’opérer dans notre chère Haïti. La suite des évènements du 29 novembre 1987 nous démontre clairement que le plus grand obstacle au développement et à la démocratie en Haïti c’est la place injustement occupée par les américains dans la politique nationale d’Haïti.

Maître Gourgue, Grand défenseur des droits de l’homme, vous partez certainement pour le Ciel, et en face, vous verrez le Grand Architecte de l’Univers. Devant son Trône, nous sommes sûrs que vous allez déposer tous les dossiers des violations des droits de l’homme en Haïti. Vous lui demanderez est-il vrai qu’il laisse notre destinée aux américains, est-il vrai qu’il a offert Haïti en cadeau aux blancs du Nord ? Est-il vrai que notre Indépendance est un péché, qu’il punit à perpétuité, comme les occidentaux nous l’ont enseigné? Demandez-lui, est-il vrai qu’il est d’accord avec l’esclavage ?

Vous lui demanderez certainement justice pour tous ceux qui ont été assassinés à la Ruelle Vaillant, au Fort Dimanche, aux Casernes Dessalines et à travers toute Haïti… Cher Maître et Titan, vous direz au Grand Maître que malgré vos combats ardus, le peuple haïtien vit encore plus dans la crasse, la misère abjecte, les haïtiens sont devenus des cannibales, des kidnappeurs, nos forces publiques sont devenues assassines des masses, les corps des attachés sont reconstitués, les militaires sont de retour pour tuer, les dirigeants actuels ont toujours le même appétit du sang que ceux que vous avez combattus.

N’oubliez pas, cher Maître Gourgue, de dire au Seigneur que le grand Avocat et Bâtonnier Dorval qui vous a précédé a été lâchement assassiné et depuis aucune justice et les assassins règnent sur la Capitale, dites-Lui que les citoyens ont peur de sortir dans les rues par peur d’être enlevés, que le pouvoir sème la terreur et place des bandits partout dans la République en vue de pérenniser le Royaume de l’impunité. Vous verrez certainement le général Hugo Chavez au Paradis, et dites-lui pour nous, que l’argent de Petro Caribe est volé et les voleurs dirigent encore le pays, ils achètent des armes pour tuer le peuple de Simon Bolivar et de Pétion qui leur demande où est l’argent de Chavez. Dites-lui que les voleurs s’apprêtent à nous tuer tous au lieu de rembourser cet argent qu’ils ont honteusement volé.

Maître Gourgue, en tournant votre regard dédaigneux et avec beaucoup d’humour sur l’enfer n’hésitez pas de cracher sur Williams Régala, sur Henry Namphy, sur Michel François, sur Roger Lafontant, sur Jean Claude Duvalier et dites-leur avec courage et résignation que leurs descendants ont repris le pouvoir en Haïti et que rien n’a vraiment changé, les mêmes massacres continuent comme sous leur règne à Lassaline et à Bel Air, alors ils n’ont pas besoin de rien regretter, leur mission de bandits continue en Haïti.

Cher Maître Gourgue, quand vous arrivez au salon des grands au Paradis, vous ne manquerez pas de discourir avec Leslie François Manigat, Dumarsais Estimé, Charlemagne Péralte, Gérard Brisson, Léopold Jean Dominique, Gérard Pierre Charles, René Théodore, Marc Louis Bazin, Louis Dejoie, Sylvio C. Claude pour leur dire, courage, car le combat ne fait que commencer parce que la misère et la souffrance du peuple haïtien est plus grande que lors de leur passage en Haïti. Dites-les que les dirigeants sont désormais plus voleurs, plus méchants et plus criminels à l’égard des citoyens, mais le peuple essaie toujours de les combattre bien que les ennemis sont plus nombreux.

Cher Maître Gourgue, dites pour nous à Maitre Monferrier Dorval qu’après son assassinat rien de justice n’a été faite, les criminels sont toujours aussi confortables et protégés que le jour de son départ, mais les étudiants se battent et que les avocats se mobilisent toujours. Que les criminels imposent une loi et une Constitution qui considère tous les haïtiens qui protestent contre eux comme des Terroristes et qu’ils seront condamnés à cinquante ans de prison et sans défense dans le Royaume. Dites aussi à Maître Dorval qu’après son départ Gregory St. Hilaire, Evelyne Sincère et des centaines d’haïtiens ont connu le même sort entre les mains des marchands de la mort. Vous verrez aussi certainement Maître Yves Volel parti avant vous le 13 octobre 1987, avec la Constitution de 1987 en main, dites-lui que ceux qui règnent maintenant après Dieu sur Haïti ont supprimé la Constitution de 1987, le Parlement et les lois, ils dirigent selon leurs songes et leurs instincts, ils ont tous les pouvoirs en Haïti après l’Éternel. Et finalement, avec l’humour et la sagesse qui vous caractérisent, demandez pour nous à l’Éternel des Armées, Cher Maître Gourgue, comment est-ce qu’il a pu conférer tous ces pouvoirs en Haïti à son petit assistant-éternel qui nous maltraite tant pendant qu’il s’occupe lui-même personnellement des problèmes des autres peuples de la Région. Qu’est-ce que nous lui avons fait de si mal ?

Allez en paix, Maître Gérard Gourgue, vous avez accompli votre mission incomprise parmi ce peuple en désarroi et toujours à la recherche d’un dieu humain pour résoudre sa perpétuelle crise politique et la folie d’une dictature qui le guette en permanence. Malheureusement vous n’étiez qu’un avocat et non pas un Psychiatre de la politique haïtienne.

Maître Gourgue, la Liberté, épouse chérie du peuple haïtien conquise le 18 novembre 1803 sur la butte charrier de Vertières est enlevée depuis des années par un certain roi Príamos Après-Dieu, nous vous supplions qu’à votre arrivée glorieuse au frontispice du séjour des morts gardé par Thánatos et par Húpnos de les ordonner (να τα παραγγείλετε) de nous envoyer des Akhilleús, des Agamémnōn, des Héktôr , des Menelaos, des Néstôr, des Andromákhê , des Antếnôr et des Spártakos pour nous aider à vaincre notre petit et sadique Príamos haïtien.

Nous espérons, Maître Gourgue, que comme Antigónê et Pátrolkos votre cadavre reviendra pour aider le peuple haïtien à combattre les ennemis actuels qui violent les droits des haïtiens, qui massacrent partout, qui tuent sans inquiétude, hommes, femmes, enfants et vieillards haïtiens dans nos villes, dans nos villages et dans nos campagnes.

En attendant, cher Maître Gourgue, notre Titan des droits humains, que votre âme ondule et oscille tranquillement vers la demeure de Húpnos sous les vibrations de cet hymne à Thánatos:
« Parfum de Thánatos, la Manne. Entends-moi, Reine de tous les hommes mortels, toi qui es d’autant plus proche d’eux que tu leur donnes un plus long temps à vivre. Ton sommeil tue l’âme et le corps, et, quand tu as rompu les liens de la nature, tu apportes le repos éternel aux hommes ; car tu es commune à tous, et, injuste pour quelques-uns, tu mets une fin rapide au cours de la jeunesse. En toi seule tout s’accomplit ; ni les prières, ni les libations n’apaisent ta colère. Mais, ô Bienheureuse, je te supplie, par mes sacrifices et par mes prières, d’éloigner au moins les bornes de ma vie, et d’accorder aux mortels une heureuse vieillesse ! » Maître Gourgue, la patrie vous est éternellement reconnaissante.

Maître Gourgue, Η πατρίδα είναι αιώνια ευγνώμων σε εσάς

Maître Gourgue, I patrída eínai aiónia evgnómon se esás

SALVE MAGISTER MAGNAM, REQUIESCET IN PACE, UT LUX ERIT VOBIS IN TERRA

QUINCUMQUE BENE LABORATIT DOCTUM ES !!!

Dr Barthélemy Guibert depuis le Fort Marfranc

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