Vague de réactions après l’adoption de la   résolution de l’ONU transformant  la MMAS  en une force de suppression des gangs en Haïti

Le conseil de sécurité des Nations unies a approuvé, le mardi 30 septembre 2025, la résolution 2793  autorisant la transformation de la Mission multinationale d’appui à la sécurité en Haïti en une force  de répression des gangs. 

La résolution adoptée à  New York  par 12 voix pour, zéro contre  et 3 abstentions, la Chine, la Russie et le Pakistan, prévoit également la creation d’un Bureau d’appui des Nations unies en Haiti.

Porteurs du projet de résolution, les Etats-Unis et le Panama saluent un pas décisif témoignant de la volonté de la communauté internationale à aider Haïti à sortir de cette crise de sécurité.

Le dispositif inclut notamment le déploiement de 5 500 militaires et policiers et 50 civils. Il sera piloté par un « groupe permanent de partenaires » (Bahamas, Canada, El Salvador, Guatemala, Jamaïque, Kenya, États-Unis).

La Force de répression des gangs interviendra  dans le cadre du chapitre VII de la charte des Nations Unies. De ce fait, elle pourra faire usage de la force lorsque la sécurité internationale est menacée.

Le texte met également l’accent sur le respect strict du droit international des droits humains dans l’exécution de la mission ainsi que de la souveraineté politique d’Haïti. Il prévoit: des opérations ciblées et fondées sur le renseignement pour neutraliser, isoler et dissuader les gangs ; la sécurisation d’infrastructures et lieux de transit (aéroport, ports, écoles, hôpitaux, centres de détention, carrefours) ; le soutien à la Police nationale d’Haïti (PNH), aux forces armées et aux institutions nationales afin de créer des conditions de sécurité propices aux élections et aux activités humanitaires, y compris l’accompagnement de sorties sécurisées pour ceux qui souhaitent quitter les gangs, enfants compris ; la lutte contre le trafic d’armes et renforcement du contrôle des frontières terrestres, maritimes et aériennes.

vague de réactions

Le coordonnateur du conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, a adressé ses remerciements spéciaux aux États-Unis et au Panama pour leur engagement. 

Il a aussi mis en avant les efforts du « groupe de partenaires » ayant soutenu cette initiative, l’Organisation des États américains (Oea), la Communauté des Caraïbes (Caricom), ainsi que tous les membres du Conseil de sécurité de l’Onu ayant contribué à l’adoption de la résolution.

« Le cri d’alarme, lancé à la tribune des Nations Unies sur l’urgence absolue de rétablir la sécurité en Haïti, a été entendu. Ce vote marque un tournant décisif dans la lutte contre les groupes criminels armés qui endeuillent nos familles, paralysent notre économie et menacent l’avenir de notre nation » souligne dans une note le Cpt.

“Dans un contexte de violences armées, qui menacent la paix et la stabilité du pays, cette nouvelle force envoie un signal fort : Haïti n’est pas seul”, a salué le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé sur les réseaux sociaux. 

Le gouvernement américain s’est dit satisfait de l’adoption par le conseil de sécurité des Nations-Unies de la résolution, transformant la MMAS en une force de répression des gangs. 

« Les États-Unis sont honorés d’appuyer cette résolution, que nous avons présentée conjointement avec notre partenaire, le Panama, pour répondre aux besoins urgents d’Haïti. Nous sommes particulièrement satisfaits de voir l’unité manifestée par les membres de l’Organisation des États américains, la communauté caribéenne, la CARICOM, nos collègues du Conseil et le Kenya dans l’aboutissement de cette résolution, » a affirmé l’ambassadeur américain Mike Waltz, qui croit que cette résolution apporte un nouvel espoir pour Haïti. 

Le diplomate a exprimé sa gratitude envers le Kenya qui a choisi de prendre les commandes de la Mmas, saluant l’engagement d’El Salvador, du Guatemala, de la Jamaïque, du Belize et des Bahamas.

Pour la France, c’est une avancée nécessaire, pour vaincre les gangs criminels et rétablir l’État de droit tandis que l’Oea remarque une étape essentielle vers le rétablissement de la paix et de la sécurité en Haïti. 

« Il s’agit d’une première étape cruciale vers la création de conditions favorables à la tenue d’élections, à l’acheminement durable de l’aide humanitaire, à la reconstruction des institutions et à l’établissement des bases du développement économique à long terme d’Haïti » relate la Caricom.

L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) abonde dans le même sens, voyant un pas vers l’amélioration de la situation sécuritaire en Haïti et appelle à une mobilisation internationale pour fournir les moyens nécessaires à une mise en œuvre rapide et efficace de cette force.

La FRG remplacera la Mmas, déployée depuis juin 2024 en Haïti, dont le mandat arrive à terme ce 2 octobre 2025. 

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